Dans la région éloignée du Pacifique Sud, la Nouvelle-Calédonie, un petit territoire français riche en ressources naturelles, a été témoin d’un exploit d’ingénierie qui a établi une nouvelle norme pour l’industrie minière mondiale : le projet Lucy. Dirigé par Prony Resources New Caledonia (PRNC), ce projet a redéfini l’avenir de la gestion des résidus en passant de méthodes traditionnelles d’empilage humide à une approche durable et écologique d’empilage à sec.
[TheChamp-Sharing]
En tant qu’entrepreneur chargé des services d’IAGC, nous avons joué un rôle déterminant dans la résolution sécuritaire des défis environnementaux, logistiques, juridiques et sociaux uniques à la région.
La mine à ciel ouvert Goro de PRNC est conçue pour produire annuellement 57 000 tonnes de nickel et 5 000 tonnes de cobalt. Acteur clé de la région, qui possède l’une des plus importantes réserves de nickel au monde, PRNC extrait le nickel latéritique à la mine Goro, le traite dans une usine de préparation puis le transforme dans une installation de lixiviation acide à haute pression. La gestion du sous-produit, une boue de résidus miniers, soulevait des préoccupations particulières. Comment le milieu ambiant serait-il protégé des effets néfastes?
Par le passé, l’industrie a eu recours à des boues humides dans des vallées contenues par des remblais de plus de 70 m de hauteur pour stocker les résidus, une méthode qui consiste à déposer des boues sous forme liquide, créant de vastes réservoirs souvent instables. Reconnaissant la nécessité d’une approche plus durable, PRNC a décidé de passer à l’empilage à sec, une méthode qui sépare l’eau des résidus pour former un gâteau de filtration solide, qui est ensuite maintenu dans un état condensé et sécuritaire. Les avantages environnementaux sont considérables, car cette méthode réduit les risques de rupture des bassins de retenue de même que les répercussions durables sur les écosystèmes fragiles situés en aval des aires de stockage des résidus.
S’engageant fortement à l’égard de la durabilité, PRNC a choisi de convertir l’infrastructure existante de stockage des résidus pour l’empilage à sec plutôt que de construire une nouvelle installation. Cette décision a permis de réduire au minimum la perturbation des terres, faisant écho aux tendances mondiales en matière de pratiques minières durables. Mais l’exécution d’un projet de cette envergure en Nouvelle-Calédonie, une île éloignée aux ressources limitées, présentait des défis.
Il est difficile d’importer de l’équipement et des matériaux de construction comme le ciment, l’acier et la tuyauterie. L’île compte un nombre restreint de travailleurs qualifiés de la construction, une situation aggravée par des lois du travail locales strictes et des règlements sur les permis de travail. Ajoutez à ces défis les conditions météorologiques extrêmes de la Nouvelle-Calédonie, où les précipitations annuelles moyennes de 3,3 m font de l’île l’un des endroits les plus humides sur Terre, et l’idée d’y installer une pile de résidus secs peut sembler illogique. Mais grâce à une planification méticuleuse et à des solutions d’ingénierie novatrices visant à assurer la stabilité de l’installation de stockage dans un environnement aussi humide, l’impossible est devenu réalité.
✔
Nous avons réglé ces problèmes en réalisant des études approfondies sur les caractéristiques physiques et chimiques des résidus, en évaluant l’équipement des essais à petite échelle et de l’usine-pilote pour le procédé de filtration, et en exploitant une usine-pilote pour produire des piles de stockage à sec dans diverses conditions pendant 18 mois. Les données provenant de l’usine-pilote et des opérations d’empilage à sec étaient essentielles à l’ingénierie détaillée des installations de traitement de l’usine de filtration, à la préparation de la fondation d’empilage à sec, et à l’élaboration de plans de ressources humaines et d’exploitation de l’équipement.
Divers modèles ont été envisagés pour l’exécution du projet, notamment ceux d’IAGC, d’IAC et de contrat à prix forfaitaire. Finalement, l’approche d’IAGC avec un fournisseur de filtre-presse a été retenue afin d’atteindre les objectifs de PRNC dans les limites imposées. La stratégie d’exécution exigeait de terminer la conception détaillée, la modularisation et l’approvisionnement avant la construction sur place afin de respecter les coûts et l’échéancier convenus. Un modèle mondial de partage du travail a été utilisé, de sorte que des experts de l’Australie, de l’Amérique du Sud et du Canada, les meilleurs talents de l’industrie, se sont attaqués aux défis du projet.
✔
De plus, la conception et l’exécution modulaires du projet Lucy ont amélioré la sécurité, l’efficacité de la main-d’œuvre, le respect du calendrier et la rentabilité. Les huit salles de commutation électrique modulaires complètes ont été soumises à des essais de réception en usine avant d’être transportées sur le chantier. Chaque module mesurait 16 m de longueur, 10 m de largeur et 5 m de hauteur, et pesait 100 tonnes. De plus, 14 réservoirs ont été fabriqués et soumis à des essais sous pression au large, les plus grands réservoirs mesurant 13 m de diamètre et de hauteur et pesant chacun 100 tonnes.
Le projet comprenait également des composants préassemblés qui ont été soulevés ou assemblés sur place pour réduire les travaux en hauteur et promouvoir des pratiques de construction sécuritaires et simplifiées. Au nombre des principales pièces préassemblées, mentionnons le bâtiment du filtre, l’équipement du filtre-presse, la galerie du convoyeur de manutention des matériaux, ainsi que son chevalet de soutien.
La conception unique du système de chargement des camions s’est révélée une innovation de taille, jouant un rôle essentiel dans l’optimisation du transport du gâteau de filtration asséché vers l’empilage à sec, permettant ainsi son transport sécuritaire et efficace malgré les conditions difficiles de l’île. Cette solution logistique a été essentielle à la réussite du projet, car elle a permis de surmonter l’un des obstacles les plus importants à la mise en œuvre de l’empilage à sec dans une région aussi éloignée.
En plus de ces solutions pratiques, nous avons utilisé une technologie de pointe pour mener à bien le projet. L’équipe a utilisé un logiciel sophistiqué pour intégrer la topographie et l’imagerie de la Nouvelle-Calédonie aux modèles 3D, créant ainsi une simulation réaliste de l’installation d’empilage à sec proposée. Ces modèles ont joué un rôle déterminant au moment d’obtenir les permis nécessaires et d’informer la communauté locale, car ils ont permis aux parties prenantes de visualiser concrètement les avantages du projet.
PRNC a mis l’industrie au défi de concevoir une solution de stockage des résidus économiquement viable et durable sur le plan environnemental. Hatch a relevé le défi en proposant une conception qui répondait à ces critères et qui, au bout du compte, a dépassé les attentes du client. Le succès du projet Lucy – nouvelle référence en matière de gestion des résidus miniers et exemple pour l’avenir de l’exploitation minière – démontre notre rôle à titre de partenaire de confiance.
- Usine de transformation de Nemaska Lithium
- Mine Moma de Kenmare
- Projet Central Hidroeléctrica 3 de Febrero
- Projet Lucy de Prony Resources New Caledonia
- Projet de dérivation de la zone Fargo-Moorhead – canal de dérivation des eaux pluviales
- Mine de rutile et de grenat d’Engebø
- Projet de remplacement du pont Pattullo






































